Conseils, réflexions, ...

2. août, 2016

Dépendance aux écrans : Les clés pour s’en sortir

 
Les écrans sont devenus incontournables, limite envahissants, avec un risque réel de dépendance. Quand parle-t-on d'addiction aux écrans ? Quelles sont les addictions les plus fréquentes ? Comment soigne-t-on l'addiction aux écrans ?  Les réponses, avec l'aide du Pr Michel Reynaud, Chef du Département de Psychiatrie et Addictologie de l'hôpital Paul Brousse (Villejuif).
 

La dépendance aux écrans est majoritairement une addiction à internet, plus spécifiquement aux plaisirs qu’on y trouve : rencontres amoureuses, jeux vidéo en réseau, jeux d'argent... Un travail psychothérapeutique est nécessaire pour traiter cette addiction.

Dépendance aux écrans : qu'est-ce que c'est ?

Si je n'arrive pas à me séparer de mon smartphone ou de ma tablette, que je suis connecté(e) en permanence sur les réseaux sociaux et que la première chose que je fais le matin est de surfer..., cela veut-il dire que je suis dépendant aux écrans ? "Non!" répond d’emblée le Pr Michel Reynaud, Chef du Département de Psychiatrie et Addictologie de l'hôpital Paul Brousse (Villejuif). "Aujourd'hui, c'est une norme pour les adolescents et les jeunes adultes de passer 4h par jour devant des écrans" souligne-t-il. Pour parler d'addiction, plusieurs critères sont nécessaires : une perte de contrôle (le plaisir l'emporte sur la raison, le besoin l'emporte sur le désir), des conséquences nocives (problèmes sociaux et/ou sanitaires) et la souffrance de l'individu. "L'addiction simple, à l'alcool, aux jeux d'argent par exemple, est l'envahissement des motivations d'un individu par un seul objet et ce, quelles qu'en soient les conséquences" définit le Pr Michel Reynaud.

"Ce que l'on nomme addiction aux écrans est une addiction plus complexe, comme peut l'être l'addiction sexuelle" expose l'addictologue. Il y a bien une dimension addictive (seul l'objet de l'addiction intéresse la personne) mais les conséquences néfastes sont moins nettes. Par exemple, "il peut y avoir des difficultés avec le conjoint, avec la famille lorsqu'il y a addiction aux écrans" informe le Pr Reynaud. Soulignons que l'addiction aux écrans n'est pas reconnue médicalement parlant. "Se pose la question de classer dans les addictions sans drogue l'addiction à internet dans les classifications internationales" signale le Pr Reynaud. Qui dit addiction aux écrans exprime en effet le plus souvent une addiction secondaire à un plaisir apporté par l’internet.

 
 

Dépendance aux écrans : qui et pourquoi ?

"Internet amène tous les plaisirs que l'on peut souhaiter : sexe, rencontres amoureuses, jeux d'argent... Il y a tout ce qu’il faut pour accrocher" observe l'addictologue. Les addicts à internet peuvent être regroupés en 5 catégories selon Young : la dépendance à la cyber-sexualité, la dépendance à l'aspect interactif d'Internet (relations interpersonnelles majoritairement en ligne), la dépendance à caractère monétaire (spéculation boursière...), la dépendance à l'information et enfin la dépendance à l'ordinateur, aux jeux en ligne.

La connexion est un moyen de réaliser une autre addiction comportementale. "L'addiction aux écrans professionnels est reliée elle au phénomène du workaholism, l'envahissement par le travail. L'écran est juste le média, un parfait outil pour ne jamais décrocher du travail" indique le Pr Reynaud. En France, la dépendance à internet est estimée entre 1 et 2%1. Des premières estimations datant de 2011 ont révélé que 3 à 5% des adolescents français seraient concernés par une addiction à internet². Aux États-Unis, ce taux de dépendance serait de 6%3 et en Chine, de 10%3. "En consultation d'addictologie, nous voyons surtout des gens de tous âges addicts à des sites de rencontre, des sites pornographiques, des jeux d'argent en ligne et des jeunes addicts aux jeux vidéo en ligne" précise le Pr Reynaud.

Les études récentes ayant trait à l'addiction à internet montre que ce sont les jeux de rôle massivement multiplayers (les MMORPG) qui sont les plus à même d'entraîner une dépendance chez les utilisateurs à risque. "L'addiction des jeunes aux jeux vidéos traduit le plus souvent une psychopathologie sous-jacente: phobie sociale, trouble psychologique, personnalité schizoïde..." souligne l'addictologue.

Dépendance aux écrans : un traitement basé sur la psychothérapie

Face à un problème d'addiction, le mieux est de se rendre dans une consultation d'addictologie spécialisée. L'addiction aux écrans fait l'objet du même traitement que les addictions reconnues médicalement, à savoir une psychothérapie comportementale. Les bases de la thérapie ? Apprendre à analyser son comportement, minimiser les avantages, aider à trouver d'autres plaisirs, mais aussi travailler sur le "pourquoi" de ce comportement compulsif. "Le contexte est très stimulant, nous aidons le patient à identifier quand ce comportement apparaît" explique l'addictologue. L'addiction étant une façon de gérer le stress, la thérapie s'intéresse aussi à l'état émotionnel en plus de faire un travail sur la consommation et le contexte de consommation. Cette psychothérapie permet de donner à la personne souffrant d'une addiction des stratégies pour gérer le stress et les relations avec autrui.

"Dans les centres spécialisés, nous pouvons en plus prescrire des médicaments utilisés dans le cadre d'autres addictions" ajoute le Pr Reynaud. L'objectif n'est pas d'arriver à l'abstinence mais à un usage contrôlé. La psychothérapie s'assortit d'un travail avec la famille, le conjoint, "celui-ci devant être plus soutenant que stressant" souligne le médecin.

Anne-Sophie Glover-Bondeau
http://www.doctissimo.fr/psychologie/developpement-personnel/techno-addict/dependance-ecrans
1. avr., 2016

Gaëlle Abgral nous explique quels impacts psychologiques auront les attentats sur la population.
LE DIRECT : http://www.europe1.fr/direct-video

1. avr., 2016

Stéphane Clerget nous explique comment expliquer la situation et les différents attentats à nos enfants.
LE DIRECT : http://www.europe1.fr/direct-video

3. févr., 2016

Les symptômes d’un individu souffrant de dépression sont majoritairement identiques à ceux d’un individu souffrant de burnout, on y retrouve du découragement, de la tristesse, de la fatigue émotionnelle, mais également physique… Pourtant, il s’agit de deux pathologies distinctes, de par leur contexte, mais également sur le plan scientifique.

À l’heure actuelle, le burnout n’est pas reconnu comme une maladie ni comme un trouble psychologique à part entière. D’ailleurs, dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM IV), il n’est pas référencé avec sa propre définition, mais se rapproche de celle de la dépression. Le terme burnout, qui apparaît dans les années 70, désigne un épuisement professionnel, donc en lien direct avec la vie professionnelle et avec ses particularités : un épuisement aussi bien émotionnel que physique, la sensation que ce qui est fait n’a plus de sens, on se sent comme un robot… L’individu place sa vie professionnelle au premier plan, s’impliquant de façon excessive sans qu’il s’en rende compte, et ne l’accepte pas lorsqu’on lui en parle. Si un arrêt maladie est imposé, l’individu souffrant de burnout ne réagira pas de la même manière qu’un individu souffrant de dépression : au lieu d’y voir un moment de soulagement, il y verra une contrainte.

La différence scientifique réside dans une hormone sécrétée par le corps humain : le cortisol. Des études menées par le Centre d’études sur le stress humain ont permis de mettre en avant cette différence notable. Cette hormone interagit sur les changements affectant les autres hormones, elle a la spécificité d’arriver jusqu’au cerveau rapidement, affectant la zone qui gère l’apprentissage et la mémoire. Sur le long terme, cela modifie considérablement les capacités de l’individu.

Après de longues années de recherche, des différences sont apparues entre les personnes dépressives qui produisent « trop » de cortisol, et celles qui souffrent de burnout et qui n’en produisent plus assez.

Cependant, il y a de nombreux cas de burnout qui ne sont pas ou mal pris en charge et se terminent en dépression. Pour intervenir sur le long terme, l’individu qui souffre de burnout doit avoir une prise de conscience significative et effectuer un changement de comportement. Souvent difficile à mettre en place seul, l’aide d’une psychothérapie n’est pas toujours bien perçue par la personne en burnout, qui n’en voit pas l’intérêt. Pourtant, cette aide est bénéfique, aussi bien pour le soutien qu’elle apporte dans la prise de conscience que dans la mise en place de changements dans les schémas comportementaux. Diverses méthodes psychothérapeutiques ont prouvé leur efficacité dans l’accompagnement des individus souffrant de burnout, mais également des personnes dépressives.

Mon-Psychotherapeute.Com

16. déc., 2015

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/745513-pourquoi-tant-de-gens-n-aiment-pas-noel-la-face-cachee-des-fetes-de-fin-d-annee.html  Publié le 24-12-2012 à 16h22 - Modifié à 10h05

Par Sébastien Dupont Psychologue

L'heure fatidique du réveillon approche et sur votre front perlent des gouttes de sueur et d'appréhension. Car Noël n'est pas toujours un moment de retrouvailles familiales enchanteresses. Mais pourquoi tant de gens n'aiment pas Noël ?

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Noël n'est pas toujours signe de joie et bonne humeur : à Noël, certaines personnes se sentent plus seules que jamais (SIPA).

 

Les fêtes de Noël font partie des moments de l’année où les individus se disent les plus affectés par le sentiment de solitude (cf. enquête TNS-Sofres). On n’ignore plus la détresse que peuvent éprouver les hommes et les femmes pour qui les liens sociaux se sont dénoués et qui n’ont personne avec qui célébrer cette fête partagée par le plus grand nombre. Le fait d’assister, de l’extérieur, à la frénésie et aux réjouissances de cet événement qui réunit les autres peut en effet exacerber le sentiment d’exclusion de ceux qui se sentent déjà isolés au quotidien.

 

Depuis plusieurs décennies, de nombreuses associations, à commencer par SOS Amitié, se proposent d’écouter, d’entourer ou de visiter les personnes qui souffrent d’isolement en cette période de l’année. Elles sollicitent leurs bénévoles, renforcent leurs effectifs, organisent des moments de convivialité… Le célèbre film de Jean-Marie Poiré "Le Père Noël est une ordure" (1982) a participé à faire connaître au grand public – par le biais de l’humour – ce problème de société et l’action des associations.

 

Se sentir seul dans un repas de famille

 

Moins connue est la solitude que peuvent éprouver des individus au cœur même de leur famille. Il ne s’agit plus alors de personnes socialement isolées ; certaines sont même très entourées et enchaînent de multiples repas de Noël en quelques jours.

 

Pour mieux comprendre ce phénomène, il faut bien distinguer le sentiment de solitude (la solitude "ressentie") de l’expérience d’être objectivement seul ; un individu peut aussi bien se sentir seul dans l’isolement réel que dans une foule, au cours d’un repas de famille ou d’amis, au sein de son couple, entouré par ses collègues de travail…

 

Parmi les personnes qui sont particulièrement sensibles au sentiment de solitude – notamment les adultes dépressifs –, nombreuses sont celles qui déclarent que c’est paradoxalement lorsqu’elles sont entourées que ce sentiment est le plus vif. Il s’agit alors du sentiment de ne pas être aimé, de ne pas être reconnu, de ne pas être compris… Le sentiment de solitude est également indépendant de la richesse "objective" du réseau relationnel de chacun : les personnes qui se sentent les plus seules ne sont pas nécessairement celles qui ont le réseau social le plus pauvre, et vice versa (cf. enquête Insee).

 

Fête familiale et contrainte rituelle

 

C’est sur cette dimension psychologique qu’agissent les fêtes de Noël. Dans nos sociétés largement déritualisées, elles restent parmi les dernières célébrations qui sont respectées par le plus grand nombre.

 

Elles se sont imposées comme les fêtes familiales par excellence (plus encore que les anniversaires ou le réveillon du nouvel an, qui peuvent être célébrés entre amis). La disparition progressive de leurs significations religieuse (la célébration de la Nativité) et légendaire (la fable du Père Noël, des lutins, du traîneau…) en fait une fête essentiellement relationnelle et affective, privée de toute référence tierce ou transcendante.

 

Noël est ainsi le moment de l’année socialement déterminé où chacun est amené à célébrer ses liens familiaux, c’est-à-dire ses liens filiaux (qu’il n’a pas choisis) et/ou conjugaux. Au cours de ce rituel, les individus peuvent aussi bien partager des témoignages d’affection, d’estime et d’attention qu’éprouver avec intensité les manques ou les conflits qui affectent leur famille ou leur couple. Dans le deuxième cas, la contrainte rituelle peut accentuer ces sentiments négatifs : c’est à ce moment et pas à un autre que chacun doit se réjouir d’être parmi les siens et d’échanger des cadeaux.

 

Les enfants ne sont pas épargnés par cette pression psychologique de Noël. Étant donné qu'ils croient de moins en moins au Père Noël, la fête perd sa médiation symbolique et devient un enjeu affectif majeur dans la relation directe parents/enfants. Chaque enfant peut ainsi s'angoisser de savoir s'il est assez aimable ou assez gentil pour mériter non pas l'amour du Père Noël (figure abstraite et lointaine), mais bien celui de ses parents eux-mêmes.

 

Injonction sociale à s'aimer

 

Lorsqu’une personne se sent mal aimée ou mal reconnue par certains de ses proches, cette situation sociale la confronte brutalement à ses ressentiments. Des sourires forcés, des démonstrations d’affection surfaites, des cadeaux impersonnels ou mal choisis font apparaître au grand jour des distorsions familiales qui restent soigneusement cachées tout au long de l’année.

 

L’imaginaire collectif qui entoure Noël et que nourrissent abondamment les médias fait par ailleurs de cette fête un idéal de convivialité et de reconnaissance mutuelle difficilement atteignable. Et même dans le cas où une famille est parvenue à organiser une célébration proche des modèles imposés par les films et les publicités, ses membres ne peuvent-ils par ressentir des sentiments mélangés (bien décrits par le sociologue Erving Goffmann), comme celui d’avoir "joué un rôle" dans une "mise en scène" qui étouffe, plus qu’elle ne suscite, l’expression des sentiment authentiques ?

 

L’injonction sociale à s’aimer qui entoure Noël, paradoxalement propice à susciter déceptions et sentiments de solitude, explique peut-être pour partie le désamour qu’expriment de plus en plus de personnes envers cette fête difficilement contournable.